Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 08:39

Fred-2-2.jpgFred-2.jpg

 

Frédéric 2, vieillesse et jeunesse ( tableau gardé et exposé chez Voltaire )

 

Après une correspondance ( fleurie et amoureuse ) de plus de dix ans, Voltaire, 55 ans, se rend à Berlin sur l'invitation de Frédéric 2 .

Mme du Châtelet n'est plus, ses pièces sont sifflées à Paris, il a négocié une place de chambellan à la cour littéraire, francophone et philosophique du roi de Prusse.

Ce dernier qui a quelques milliers de vers français à se faire corriger, est le protecteur de nombre " d'esprits " français fuyant les bûchers des livres ou des individus ( cette année-là deux pauvres sodomites ont étés brûlés à Paris ), il est aussi le stratège raffiné qui a eu six chevaux tués sous lui au cours de ses batailles, le despote éclairé : " Chacun doit pouvoir trouver le salut, comme il le désire ", " Raisonnez tant que vous voudrez et sur tout ce que vous voudrez, mais obéissez ! ", homosexuel : " Dans mes Etats chacun est maître de son cul. ", assertion qui devrait plaire à un certain marquis.

Frédéric a déjà rencontré Voltaire en 1742, il l'a cadré :

" C'est bien dommage qu'une âme aussi lâche soit unie à un si beau génie. Il a la gentillesse et les malices d'un singe ( singes qu'il fera peindre dans sa chambre avec quelques paons...) C'est apprendre de bonnes phrases d'un scélérat. Je veux savoir son français, que m'importe sa morale ? "

Voltaire a su se faire payer avant d'y aller malgré ses roucoulades :

" Daignez m'aimer, je quitte tout, je pars, et je voudrais partir pour passer ma vie à vos pieds. ", ainsi il serait à l'abri de ses " ennemis " qui sont légion : Fréron ( dans un décri et mépris général ), Crébillon, le " maraud " Desfontaine, le " scorpion " Roy, le " méchant " Piron...Le problème c'est qu'il en aura autant à Sansouci et qu'un fois l'orange pressée, il sera éjecté.

Le cahier des charges y est net :

" L'ambition personnelle et l'inimitié

  Y sont les seuls péchés contre nature."

Baculard d'Arnaud qu'il a aidé à faire le voyage devient l'objet de ses cabales. Le roi avait parlé " d'un soleil levant " ( et profité d'un bon coup, en passant ); il le torpille par la bande et le fait chasser.

Il est maintenant en procès avec un juif joaillier pour une spéculation frauduleuse qui tourne à son désavantage...devant les tribunaux. Le roi n'apprécie pas. Il s'en prend à Maupertuis etc...etc.

" Vous avez fait un train affreux dans toute la ville. Si vous avez la passion d'intriguer et de cabaler vous vous êtes très mal adressé. "

Malgré tout Voltaire écrit, corrige, publie ( un autre procès en vue ) épistole à tout va : Richelieu, le duc d'Uzès, de l'Académie de Dijon où il est passé, et qui a décerné un prix à J J Rousseau. Ce dernier vit dans un galetas de la rue des Cordiers avec T. Levasseur, servante de son état à qui il fait cinq enfants placés incontinent aux Enfants Trouvés. Il est sur " L'origine et le fondement de l'inégalité parmi les hommes "

Un " écolier " pour l'Homère de la France ", les deux, pères supposés de sa Sainte Révolution.

En 1751, le jeune La Baumelle débarque. Arouet voit le rival qui va remplacer ce pauvre La Mettrie qui n'est plus. Déployant " les épines de son caractère " il lui fait le même sort qu'à d'Arnaud.

Moralité :

Une fois de plus Arouet se révèle tel qu'en lui-même : atroce, annonçant un trépas imminent qui survenu à ce moment l'aurais laissé peu connu de la postérité ( il s'est un peu arrangé par la suite ).

Nous ne lui faisons pas plus un procès ( 1 ) que nous lui contestons ses mérites : à force de récriminer contre tout ( et son contraire ) il force à la réaction : indignation, pitié...et il ouvre des brèches dans les bastion de l'Eglise, du Pouvoir Despote.

Quel être seul ! Ses kilomètres de lettres en témoignent, prosternations éternelles à la moitié de l'Europe ( père du marquis de Sade compris, avec lequel il voulait aussi finir ses jours en philosophant. )

La Châtelet, la Denis-fessue, l'ont surabondamment trompé, ouvertement, pour que l'on puisse juger de sa vie affective et sexuelle.

Le climat très homo de Berlin ne lui réussit pas plus, malgré ses connaissances parisiennes de la chose.

Vu les difficultés anales du roi il ne pouvait être que " récepteur ", mais même de ce côté, j'ai l'impression, qu'il a récolté plus de clystères qu'autre chose.

Frédéric 2, lui, domine son affectivité, sa sexualité, son Académie et accessoirement l'Europe : Napoléon, sur sa tombe, dira : " Messieurs, si cet homme était encore en vie, je ne serais pas ici. ".

Il n'a pas besoin, comme Louis 15 des expédients supplétifs d'un Parc-aux-Cerfs, du faste et des chasses à temps plein ( quand il chasse, Frédo, c'est pas le lapin ). Il ne dépend, ni de ministres, ni de syrènes, ni de courtisans : deux heures de flute tous les matins, exercice militaire ( Voltaire n'aimait ni les heures de musique, ni les coups de feu ), le " premier serviteur de l'Etat  " avait tout en main, y compris le temps de philosopher humastiquement.

Les fées et les démons ( son père ) qui se sont penchés sur son berceau...

Le marquis de Sade aurait pu, comme il l'avait envisagé, se réfugier à Sansouci ( lui faisant des vers, sa femme jouant de la guitare ); cela aurait été différent avec Boyer d'Argens et La Mettrie qu'il aimait bien. Il y avait la différence de génération entre lui et le roi.

 

(1) Pour cela voir l'excellent ouvrage " Voltaire et Frédéric 2 " de Roger Peyrefitte, bien placé pour sentir ce genre de relation et qui n'y va pas " à la pédale douce " !

 

N'oubliez-pas : cebravemarquisdesadexxx.erog.fr  et le livre Ce brave marquis de Sade !

Par Patrick
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 05:02

lenoir.jpgjeu-cartes.jpg

 

J.C.P Lenoir, lieutenant de police après Sartines. Jeux clandestins dans " la haute ".

 

" Monsieur le 6 ", Sade, est en pétard, il se lache dans une de ses lettres où il incendie à tout va, au risque " de se nuire " selon son épouse.

Première visée sa belle-mère, Mme de Montreuil qu'il portaicte issue de la banqueroute de Cadix, nièce d'un voleur chassé par Choiseul, ayant dans la famille de son mari, un pendu en place de Grève, plus 7 ou 8 bâtards et qui a maquerellé toutes ses filles. Cette dame n'a pas à réprimer les " défauts de tempérament " du scripteur, qui n'ont fait de tort à personne.

Suit le cas du lieutenant de Police, Sartines, " champignon empoisonné ", issu des amours de Torquémada et d'une juive des cachots de l'Inquisition espagnole. Là il rêve ! " J'ai oui affirmer que pour interroger les criminels, quand il dirigeais la Police, il s'encadrait d'une perruque terrible, sorte de coiffure à serpents, pour faire germer le remord; on l'appelait l'Inexorable. " Un témoin.

A dom Sartinos qui inventa des vexations et des tyrannies odieuses sur les plaisirs publics, afin de fournir des listes lascives qui pussent échauffer les petits soupers du Parc-aux-Cerfs. Sade

Le Parc-aux-Cerf, la pépinière de lolitas de Louis 15; là il est plus près de la réalité, comme on le vera infra.

Non il n'appartient pas à un tel simulacre effrayant du crime de vouloir ni censurer, ni reprendre, ni vexer des erreurs qui ont fait à lui-même ses plus chères délices dans le temps qu'il volait 500000 francs par an au roi sur le million qu'on lui passait pour fournir des détails lubriques à la Cour...qui abusait même de sa place, pour contraindre de malheureuses créatures aux vices qu'il veut vexer aujourd'hui ! Et cela je le tiens d'elles.

L'art de se faire des amis !

Lenoir qui remplacera son ami Sartines en 1774 et 1776, aura la responsabilité des visites, des " promenades" du marquis. Il sera plus ménagé mais aura droit parfois à l'appellation : " suppot de bordels "...

Il semble qu'il eût-été un " homme des Lumières ": comme Sartines il a amélioré l'éclairage de la capitale, amélioré la circulation des blés...

Les dossiers de la Police

En avril 1764, la Montigny, appareilleuse de renom, livre à l'inspecteur Marais qu'un seigneur lui avait demandé, un homme " de la lie du peuple ", mais sain pour faire goûter à son épouse des plaisirs avec " autre que son mari ". Les yeux bandés il doit la satisfaire en sa présence ! Qui est ce seigneur ? Veut-il un enfant ?

Ou autre chose ? Marais reste perplexe.

1775, la demoiselle Bouscarelle " teste " : 

" Un jour que j'étais seule avec le sieur D..., alors incommodé des yeux, il fit monter dans sa chambre à coucher, où il était alors, rue des Petits-Champs, le nommé Creps, l'un de ses valets de chambre; et, lorsqu'il fut entré, il ferma la porte à double tour, mit la clé dans sa poche, et lui ordonna d'avoir sur-le-champ avec moi et devant lui, comte D..., les particularités les plus grandes; ce que je regardais d'abord comme une plaisanterie, qu'augmenta la fureur de ce malheureux, au point de nous menacer l'un et l'autre, le couteau à la main, de nous poignarder, si nous ne satisfaisions ses désirs, auxquels la nécessité me contraignit. Tout ce qui se passa pendant ce temps entre son valet de chambre et lui m'a tourné le sang, au point que je meurs de regrets et de chagrins d'y avoir innocemment contribué...

Justine ? Juliette ? 

 

Voir aussi : cebravemarquisdesadexxx.erog.fr

Par Patrick
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 06:49

phisionotrace.jpg

 

Physionotrace, 1810.

 

Jean Baptiste, le père du marquis, dans ses 22 ans, se fait gauler dans les jardins des Tuileries, invitant un jeune homme à diverses galipettes méta-physiques. L'exempt n'était pas loin de " la mouche ".

Caprice aristocratique chez un " petit maître " lauréat d'Aphrodite.

Le 25 mai 1762, l'abbé de Sade, frère du premier et oncle-éducateur du marquis est pris, à la maison Piron avec Mlle M.F.T Dieu. Le rapport de police signale " qu'il l'a vu charnellement jusqu'à parfaite copulation. "

Il n'y a pas de suites.

Pas de suites, mais l'inspecteur Marais et le lieutenant criminel de police Sartines seront aux basques du marquis dans sa riche vie amoureuse qui suivra la guerre de Sept Ans et son mariage, en particulier les affaires Testard : 1763, d'Arcueil : 1768, des Mouches: 1772...

Sartines aura droit à sa volée de bois vert épistolaire par le prisonnier du Donjon : suppôt de l'Inquisition espagnole, ce qui semble infondé, cheville ouvrière des bobinard et autres cercles de jeux...ce qui est plus véridique, le lieutenant criminel prélevait ses taxes " pour les pauvres. "

Sade arrêté plusieurs fois par Mathieu Marais, transféré moultes fois en sa compagnie ( Saumur, Aix-en-Provence...) et qui ne le détestait pas : il ne l'a traité qu'une fois de " petite enflure ", a du se régaler des récits de ce témoin-acteur es galanterie. Comme voyeur l'inspecteur n'était pas regardant : les Grands ( biens connus du marquis ), le haut et bas clergé, ordres chaussés et déchaussés compris, " appareilleuses ", filles de l'Opéra, le tout dans le détail, avec une sélection destinée au bureau de Louis 15, qui, " blasé de tout " ne négligeait aucun retaurant de son érotomanie.

Ainsi jusqu'à la mort du " bien aimé ", des fillettes en particulier, 1774, de la tête du royaume jusqu'à la dernière pétasse, une toile rose flotte sur la société.

En témoignent :

Lettre de Marais à Sartines, 5 mars 1762 " Monsieur...

J'ai l'honneur de vous informer que monseigneur le comte de La M... était venu chez moi me demander un homme qu'il pût avec confiance employer dans ses affaires de galanterie.

Après avoir reçu vos ordres, je lui en est envoyé un; et voilà les ordres que son altesse lui a donné : de faire en sorte de se lier avec madame T...de M..., rue Feydeau, afin de savoir ce qu'on disait de lui dans la maison; de l'informer si le duc de F... n'y allait point, ou quelques autres, sur le pied d'amants, et de l'instruire exactement des jours où cette dame irait au spectacle.

Notre homme jusqu'à présent s'est bien acquité de sa commission. Il s'est lié avec un des laquais de cette dame, qui s'est trouvé être de son pays, lequel lui a dit que M. le comte de la M... était fort amoureux de sa maîtresse, mais qu'il n'était pas le seul; que M. le duc de F... l'était aussi et venait souvent la voir, ainsi qu'un grand officier aux gardes, d'Est..., qui paraissait être très-bien avec elle. Ce garçon lui avait ajouté que sa maîtresse avait raison; que son mari la traitait durement, et que dernièrement, la voyant le matin en peignoir, ses cheveux déployés, il lui avait dit en présence de plusieurs de ses gens : Savez-vous bien, Madame à qui vous ressemblez comme cela ? A une fieffée p...; et qu'elle s'était mise à pleurer, etc.."

Ces services étaient amplement payés par le prince.

Autre histoire : Un architecte ayant promis à une danseuse de l'Opéra un hôtel qu'il devait bâtir à ses frais lui envoya un bâtiment en pain d'épice, où rien ne manquait, pas même les garçons frotteurs.

Marais chope un chanoine régulier, mis en femme avec du rouge et des mouches et deux syrènes. Il se déclare coutumier des faits.

La fille d'un peintre de la rue des Saints-Pères ne veut pas se rendre :

- un abbé, de la part du duc de Lux...offre à ses parents 6000£ de rente et 1000£ d'argent,

- M. de Sainte F..., trésorier de la marine augmente la somme

- M. de Fitz... parie 150 louis que sous huit jours il la livre à M. de Confl...

- la Brissaut ( pourvoyeuse de plaisirs ) ne la veut dans le commerce que labélisée. etc...etc.

 

 

Par Patrick
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 08:41

100 0047pave-ce-brave.jpg

Par Patrick
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 18 septembre 2010 6 18 /09 /Sep /2010 19:42

unit-republique.jpgdagobert.jpg

 

Au 18° siècle les Jésuites et les Jansénistes s'opposaient, c'était la " querelle cordicole " : les premier étaient pour " un très bon Jésus ", les autres pour un juge implacable à redouter. Vous pensez-bien qu'il y avait d'autres cartes à retourner.

Voltaire : " Les renards et les loups étaient en guerre, les moutons respiraient. "

Il y eut la révolution, la défaite de 1870, la faction jésuitique érigea le Sacré Coeur de Paris ( cordicole : de cordis : coeur ) " en expiation de la perdition spirituelle de la France "

Haut lys surgi des ruines

Au dessus du monde pécheur

Elle érige sa fleur divine...

Pour Gustave Tery ( 1871-1928 ), " en réalité, il ne s'agit que d'une chose : établir le rêgne social de Jésus, c'est à dire étrangler la Gueuse. "

" Qu'est-ce que nous lui avons donc fait à ce Dieu maussade ? Nous lui avons fait...la Révolution.

C'est là le crime abominable qu'il nous faut expier. "

Tous se mobilisent pour financer ce grand oeuvre, les familles, les enfants...les prédicateurs :

" Nos sanglants revers, en faisaient présager de plus terribles encore pour la France coupable impénitente. "

L'histoire est revisitée :

Baptème de Clovis : " Vive le Christ qui aime les Francs. "

Melle Alacoque, l'égérie du mouvement, écrit à Louis 14; elle lui demande une fusion du Christ roi et de sa solarité : ça ne marche pas. Pile, cent ans plus tard, c'est l'Assemblée Constituante, Louis 16 paye pour son ancêtre, Satan oeuvre...

Un prédicateur invite le duc d'Orléans a " ceindre la couronne de France " pour " rétablir l'ordre vrai : l'ordre vrai, c'est la prééminence de la société religieuse, la seule absolument essentielle. "

La guerre de 14-18 va mettre, pour un temps, tout le monde d'accord.

 

Par Patrick
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés